La carte blanche de Myriam Verreault

À la tête et au cœur de la huitième édition, Myriam Verreault nous offre une programmation qui témoigne de ses goûts, de sa démarche et des thèmes qui l’inspirent, ainsi que d’une certaine manière d’envisager le cinéma.

C’est un souffle plein de tendresse, d’humour et d’humanité, qui réchauffera les frimas de l’hiver du bas du fleuve du 6 au 9 février prochain.

La programmation fait la part belle à la jeunesse, que Myriam aime tant filmer, ou voir les autres le faire, entre acuité du regard et bienveillance, jamais complaisant. Il y a un goût de l’authenticité qui n’est pas sans rappeler une approche documentaire dans la trame de la fiction.

Alors qu’elle accompagne les projections de Kuessipan dans le pays et au-delà des frontières canadienne, la réalisatrice s’arrêtera quatre jours à Rivière-du-Loup.

Sensibilité de l’individu et force du collectif

Ce sont les motions qui animent le cinéma de Myriam, le sien et celui dans lequel elle se reconnait, qui nous ont particulièrement touchés. Impliquer les gens, des acteurs non professionnels pour la majorité, afin qu’ils s’emparent du processus même de fabrication des images n’est pas une mince affaire. C’est un tour de force et d’amour que Myriam Verreault a réalisé, elle qui aime tant brouiller les lignes entre fiction et documentaire.

Pendant ce long week-end, la marraine participera à des projections, des discussions et des formations, avec « sa famille de cinéma », dans le noir des salles du Cinéma Princesse, de la Maison de la culture et de l’École de musique Alain-Caron, animées par une passion commune de l’art cinématographique qui trouve son épanouissement dans le partage et l’équilibre délicat entre vision personnelle et œuvre collective.

La fiction, vectrice de réalité

En ouverture du festival, Myriam Verreault assistera à une rétrospective de son premier film, avec la comédie dramatique A l’ouest de Pluton, coréalisé avec Henry Bernadet. Pour le deuxième film de la soirée, Myriam a voulu mettre en regard Les états nordiques, de Denis Côté, pour rappeler que la création est un jeu d’influence et d’émulation.

Le vendredi après-midi, les cinéphiles pourront voir Antigone, qui a représenté le Canada aux Oscars cette année. Une discussion sur les thèmes d’actualités brûlants soulevés par le film suivra en présence de la comédienne du rôle-titre, Nahéma Ricci.

Le même soir, nous présenterons Les Barbares de La Malbaie, une comédie dramatique douce-amère qui, sous le prétexte d’un retour à la gloire dans le circuit de hockey amateur d’un ancien joueur de la LNH et éternel adolescent, est en fait un parcours initiatique pour le jeune cousin qui accompagne le héros, sans se douter qu’il va quitter les illusions de l’enfance. Son réalisateur Vincent Biron sera présent pour répondre aux questions du public.

Avant qu’on explose inaugura la projection du samedi après-midi. Sous ses airs de comédie graveleuse, le film de Rémi St-Michel va plus loin qu’un simple mélange entre comédie ado et film catastrophe. Il réussit à saisir le passage délicat et parfois très frontal à l’âge adulte d’un adolescent québécois d’aujourd’hui, avec plus de profondeur que ne le laissent penser les apparences. Etienne Galloy, l’interprète principal de cette comédie tournée à la Baie-Saint-Paul, n’est pas un inconnu pour le public du festival, puisqu’on a pu le découvrir avec le film PRANK dans une précédente édition. Etienne Galloy sera également présent après la projection pour une discussion.

Enfin, samedi soir, c’est le solaire et poignant Kuessipan qui illuminera le tapis rouge du cinéma Princesse. Myriam Verrault, accompagnée du directeur de la photographie Nicolas Canniccioni, des comédiens Sharon Fontaine Ishpatao et Etienne Galloy répondront aux questions du public.

C’est aussi avec une joie renouvelée qu’on accueillera à nouveau les familles le dimanche matin pour une représentation gratuite, grâce à la collaboration de l’Association des concessionnaires d’automobiles et de camions de Rivière-du-Loup. Cette année, Myriam Verreault a choisi de partager Opération beurre de pinottes, film qui a marqué toute une génération et que les enfants d’alors devenus parents auront certainement plaisir à revoir et à partager avec leurs enfants.

Innu nikamu, chanter la résistance est notre film de clôture. Ce long métrage est le gagnant de l’Iris du meilleur film documentaire 2019. Son réalisateur, Kevin Bacon Hervieux, nous fera l’honneur de sa présence et nul doute que des échanges riches sur ce qui est bien davantage qu’un fameux festival de musique innue feront durer cette dernière séance.

Des formations pour petits et grands

Dans la mission du festival, il y a aussi des formations, qui attirent à la fois des néophytes et des professionnels.

Le volet scolaire continue avec un atelier dont les écoliers de l’École internationale François-Xavier pourront profiter afin d’aborder les techniques du cinéma, bien plus simple qu’elles n’y paraissent.

Vendredi, la première classe de maître avec notre marraine reviendra sur le rapport du réalisateur et du monteur (souvent une monteuse). La discussion est d’autant plus pertinente puisque Myriam Verreault exerce également ce métier.

Nicolas Canniccioni, directeur de la photographie bien implanté dans le paysage cinématographique québécois, profitera de la deuxième classe de maître pour lever le voile sur cette profession peu connue.

Les deux classes de maître seront animées par Hubert Sabino, professeur à l’École des métiers du cinéma, notre partenaire pour le volet formation.

Désireux d’être aussi un lieu de rencontre entre professionnels du milieu, tant de la région qu’au-delà, le festival inaugure deux activités professionnelles : un cinq à sept présenté par Paraloeil vendredi et une activité de maillage documentaire le samedi matin, rendue possible grâce à l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec et de la SODEC.

Pour la sixième édition du populaire volet Ville et villages en images, porté par la MRC de Rivière-du-Loup, rejointe par les MRC des Basques et du Témiscoutata, les citoyens pourront visionner en primeur, le samedi matin, les six courts métrages tournés dans le froid mordant, sur le thème Identités.

Enfin, tout au long du festival des activités alternatives proposées dans La tête à l’envers, notre volet off, créeront des chemins de traverse et des ponts, avec Ciné au musée et l’exposition de Mathieu Gotti au Musée du Bas-Saint-Laurent, dont l’artiste fera la visite commentée, en parallèle de courts métrages projetés en lien avec ses sculptures.

Le concours de courts métrages revient aussi vendredi soir, avec deux prix à la clé, celui du jury et du public. Cette année, pour la première fois, Paraloeil dotera le prix du jury d’un prix de 10 000$ en service, afin d’aider à la réalisation d’un prochain projet dans la région.

Enfin, pour plonger dans l’aube de la dernière journée du festival, le Rainbow submarine embarquera le public louperivois dans un DJ set ou électronique et analogique, musique et images s’entremêlent pour mieux se répondre.

Macarons en vente

Offerts en quantité limitée au coût de 35 $, les macarons officiels donnant accès à toutes les activités  (saur l’atelier pour le public scolaire et l’activité de maillage documentaire – sur inscription- ) du festival sont en vente au Cinéma Princesse, ainsi que sur la billetterie en ligne. Il est important de noter que, pour s’assurer d’une place, les détenteurs de macarons devront se présenter au moins 15 minutes avant le début des projections.

Les activités de l’organisme Vues dans la tête de Rivière-du-Loup sont rendues possibles grâce au soutien financier de la Ville de Rivière-du-Loup, de la MRC de Rivière-du-Loup, de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), de la Fabrique culturelle de Télé-Québec, de l’École des métiers du cinéma et de la vidéo (ÉMCV) du Cégep de Rivière-du-Loup et du Cinéma Princesse.

Pour tous les détails sur la programmation, les festivaliers peuvent visiter notre site et s’abonner à la page Facebook et au compte Instagram du festival.

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